Présentation de la controverse

Wikileaks, fondé en 2006 par l'informaticien et cybermilitant australien Julian Assange, est un site dit « lanceur d'alerte ». Le site affirme ceci : « les principes généraux sur lesquels notre travail s'appuie sont la protection de la liberté d'expression et de sa diffusion par les médias, l'amélioration de notre histoire commune et le droit de chaque personne de créer l'histoire. Nous dérivons ces principes de la Déclaration universelle des droits de l'homme. En particulier, l'article 19 inspire le travail de nos journalistes et autres volontaires. » Son slogan résume la mission qu'il se donne: « We open governments » - « Nous ouvrons des gouvernements ». La plate-forme Wikileaks se veut aussi transparente que possible sur les informations qu'elle révèle, tout en protégeant l'identité des personnes ayant publié les documents secrets.

Les réactions, aussi bien favorables qu'hostiles à Wikileaks, sont très fortes, et le projet a déclenché de vives controverses à l'échelle mondiale. Les sympathisants appuient souvent leur position sur le principe de liberté d'information assurée par la Déclaration des Droits de l'Homme: tout citoyen est en droit de savoir les décisions que prend son gouvernement et les figures du pouvoir de son pays, et lui cacher cette information serait antidémocratique. Les opposants déplorent souvent les conséquences secondaires néfastes que peuvent avoir les révélations en masse de Wikileaks: par exemple, la révélation de l'identité d'individus ayant collaboré avec les États-Unis dans des pays en guerre peut mettre ces personnes en danger de mort. Il existe aussi une opposition active à Wikileaks, surtout de la part d'organisations victimes des révélations. Par exemple, Paypal bloque en 2010 le compte banquaire qui permettait à Wikileaks de recevoir des dons.

Julian Assange

Julian Assange

Pour mieux comprendre les enjeux de la controverse, nous présenterons les avis de différents acteurs au sein de la rubrique « Prises de position », divisée en quatre catégories: « acteurs de presse », « acteurs politiques », « acteurs scientifiques » (à prendre au sens large du terme) et « acteurs de la société civile » en tâchant d'analyser leur raisonnement.